Tout commence par des photographies d’enfance sur lesquelles l’auteur zoome et dézoome. Surgissent alors des figures du cinéma populaire : Gérard Jugnot dans Une époque formidable, incarnant un cadre licencié qui tente de masquer sa déroute financière en couvrant son épouse de cadeaux ; Louis de Funès aussi, ancien pauvre hanté par la peur obsessionnelle de tout perdre. En toile de fond apparaissent la Banque de France, le tribunal judiciaire, les stratégies commerciales des années 1980, l’essor du crédit à la consommation et les mesures tardives prises par les pouvoirs publics pour tenter d’en limiter les dégâts.


 

Dans ce premier roman hybride, mêlant récit de soi, analyses cinématographiques et réflexion politique, Damien Peynaud décrit la fuite en avant d’un père pris dans la spirale du surendettement : l’engrenage des prêts, le vertige des intérêts à rembourser, l’accumulation d’objets qu’il faudra, un à un, revendre.

Les Crédits compose ainsi le portrait intime d’une classe moyenne victime de ses propres aspirations, ayant laissé la violence insidieuse d’un système économique s’infiltrer jusqu’au cœur de ses liens familiaux.


À lire

Damien Peynaud, Les Crédits, Noir sur Blanc, 2025


Damien Peynaud a longtemps exercé le métier d’opérateur projectionniste, puis celui de directeur de cinéma après un passage par la Femis. Diplômé du Master de création littéraire de l’Université Paris 8, il mène désormais une recherche-création au sein de cette université. Les Crédits est son premier roman.

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